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ChristianMusicians.be : Le repas du Seigneur

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LA LITURGIE EUCHARISTIQUE



Efcharistô veut dire merci en grec.
En choisissant ce mot pour désigner le repas du Seigneur, les premiers chrétiens nous ont transmis un peu de la joie avec laquelle ils faisaient la fraction du pain (Ac 2, 46).
Mais, si le vocable est grec, le contenu et la forme littéraire de l'Eucharistie proviennent du judaïsme, où la prière d'action de grâce, de louange et de bénédiction (contenue principalement dans les psaumes) tient une place prépondérante.
L'Eucharistie est donc l'action de grâce rendue à Dieu pour Jésus Christ : il s'est offert pour nous, afin de rétablir la communion entre Dieu et les hommes. Réellement présent dans l'assemblée réunie en son nom, dans la personne du ministre (le prêtre), dans sa Parole, il l'est encore lorsque l'Eglise refait les gestes qu'il fit la veille de sa mort:

  1. Il prit du pain.
  2. Il dit la prière d'action de grâce.
  3. Il rompit le pain et le donna aux siens.

Ces trois actions déterminent les trois parties de la liturgie Eucharistique.


1. Préparation de l'autel et présentation des dons

Sens :
Pendant qu'on prépare la table et qu'on y apporte processionnellement les " dons " (pain et vin) ainsi que les offrandes des fidèles, l'assemblée se dispose à accueillir dans l'action de grâce le Don de Dieu : le Christ s'offrant à son Père. On peut chanter pendant ce temps. Selon les liturgies, on appelle ce chant : " Chant des mystères ", ou " Chant des Chérubins ", ou " Grande entrée ", ou " Antienne pour l'offrande ".

Pratique :
Chant de type processionnel avec versets (solo ou chorale) et antienne de l'assemblée ; nombreuses propositions dans MNA.
Il peut également y avoir une pièce instrumentale. Dans ce cas, comme dans celui d'un chant, le prêtre dit les prières à voix basse ; les gestes qu'il fait sont suffisamment parlants.


2. Prière eucharistique

Commencée par les dialogues conduisant à la Préface, conduisant elle-même à l'Hymne d'adoration (Sanctus), la prière eucharistique proprement dite se déploie selon une certaine variété, mais comporte normalement les éléments suivants :
  · Une invocation à Dieu pour qu'il envoie l'Esprit Saint (épiclèse) sur le pain et  le vin.
  · Le récit du dernier repas de Jésus où il a institué l'eucharistie (récit de l'institution). Le pain et le vin deviennent le corps et le sang, c'est à dire la personne, du Christ mort et ressuscité (consécration).
  · Une acclamation de l'assemblée qui chante ce salut (Anamnèse).
  · Une prière du prêtre qui en fait mémoire (Anamnèse du prêtre).
  · Une invocation à l'Esprit Saint pour qu'il unisse l'assemblée (seconde épiclèse).
  Des intercessions pour l'Eglise et pour le monde, pour les vivants et les défunts en union avec les responsables de l'Eglise, dans la communion des saints.
  · Une conclusion en forme d'action de grâce à la Sainte Trinité (Doxologie)

Ce qui donne le schéma suivant :

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Remarques :
La préface ( mot qui vient du latin "praefari ": " parler face à " ) commence l'action de grâce en proclamant solennnellement l'œuvre de Dieu. C'est un poème, un cri de joie et de reconnaissance qui nous mène tout droit au chant du Sanctus. Il en existe beaucoup (plus de cinquante).

Il existe 10 Prières Eucharistiques . Mis à part la 1ère datant du 5ème siècle et appelée Le canon romain, elles ont toutes été instaurées par Vatican II.
Il y a :
  · 4 Prières Eucharistiques principales (les prières I à IV).
  · 2 Prières Eucharistiques pour la Réconciliation.
  · 3 Prières Eucharistiques pour assemblées avec des enfants.
  · Une Prière Eucharistique pour des circonstances particulières (grands rassemblements).

Pour toutes, l'assemblée intervient au Sanctus, à l'Anamnèse (parfois aux Epiclèses), et à la Doxologie finale. Aux Prières Eucharistiques avec assemblées d'enfants, il y a encore d'autres acclamations.

Les chants :
Le DIALOGUE INITIAL. Il remonte aux tout premiers siècles.
Par le dialogue initial dont l'intensité croissante conduit à la Préface, celui qui préside et va rendre grâce devant tous et au nom de tous, requiert d'abord l'assentiment de l'assemblée et sa participation

Le SANCTUS qui retentit au terme de la préface s'inspire, en son acclamation initiale, de la vision d'Isaïe : Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur Dieu de l'univers. Toute la terre est remplie de ta gloire (Is 6, 3). La liturgie chrétienne y ajoute la mention du ciel : " Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire ". Puis vient, intimement soudée à l'acclamation juive, celle que les disciples de Jésus firent entendre lors de son entrée à Jérusalem, en s'inspirant du Ps 117 : Hosanna ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient (Ps 117, 25-26). Emportés par leur enthousiasme, les disciples ajoutaient : Hosanna au plus haut des cieux ! (Mc 11,10).
Véritable symphonie de l'unité ( on acclame d'une seule voix, avec les anges et les saints, avec la création tout entière), le Sanctus doit être le chant de toute l'assemblée. Si la communauté ne chantait qu'un seul chant, ce serait celui-là. De plus, sa situation au cœur de l'action liturgique en fait l'acclamation la plus importante de la prière eucharistique, il requiert donc impérativement la participation de l'assemblée.
On peut affirmer encore : c'est le Sanctus qu'il convient de chanter à toutes les messes. Dernière remarque au sujet du Sanctus : Le climat de ce chant peut être festif, il aura alors le caractère d'une acclamation. Il peut être également celui du recueillement, de l'intériorité, il aura alors le caractère d'une hymne d'adoration (voir MNA 26.16)

L'ANAMNESE (du grec anamnèsis, qui signifie souvenir, commémoration) est, elle aussi, une acclamation de l'assemblée. Introduite avec la réforme liturgique, elle s'est répandue très facilement dans nos assemblées.
L'anamnèse se compose normalement :
  · de l'annonce de la mort du Christ,
  · de la proclamation joyeuse de sa résurrection,
  · de l'attente de son retour glorieux

Pour l'anamnèse comme pour le Sanctus, il est essentiel que l'assemblée participe.
Les EPICLESES connaissent quelques mises en musique heureuses. Dans ce cas, ne les utiliser qu'exceptionnellement, car autrement, elles risqueraient d'alourdir le dynamisme de l'action de grâce. Normalement, ces mises en œuvre ne sont pas prévues par le Missel.
L' AMEN FINAL ou DOXOLOGIE. Il existe plusieurs réalisations permettant d'amplifier ce court mais important moment de conclusion de la Prière Eucharistique.


3. Les rites de communion

A. NOTRE PERE

Sens :
La prière enseignée par le Seigneur pour le " pardon " et pour le " pain " est dite par tous avant d'aller " communier ".

Pratique :
Le Notre Père de la messe n'est pas un chant proprement dit mais reste une prière. La forme de récitation cantillée lui convient, jusqu'à ce que s'élève l'acclamation " A toi le règne ! " Se soucier de l'unité de ton entre l'invitatoire du prêtre, la prière du peuple, le développement " délivre-nous " (embolisme) du célébrant, l'acclamation finale " A toi le règne" et éventuellement l'invitation au geste de paix.
  L'embolisme ( du grec embolisma, pièce rajustée à un vêtement) alourdit le mouvement de la prière, il est souvent et heureusement supprimé.
La doxologie qui suit (A toi le règne...) est également utilisée par la plupart des Eglises d'Orient ainsi que par les protestants et les anglicans. En l'intégrant à la messe romaine, le nouveau Missel rejoint la tradition des autres Eglises chrétiennes.

B. GESTE DE PAIX

Avant de participer au pain unique, les fidèles sont invités à se donner la paix du Christ. En plus du geste d'amitié qu'il représente, ce geste symbolise la réconciliation et la fraternité à laquelle son Eglise est appelée.


C. PARTAGE DU PAIN, AGNEAU DE DIEU

Sens :
Un seul pain pour tous, ditribué entre tous. C'est le geste le plus significatif du " Repas du Seigneur " : " Ils le reconnurent à la fraction de pain "

Pratique :
Le chant de l'Agneau de Dieu n'a sa raison d'être que par le rite qu'il accompagne. Il doit donc durer tant que dure le rite. Il existe plusieurs propositions musicales intéressantes à ce sujet. S'il n'y a pas de fraction du pain, le chant de l'Agnus a peu de sens.


D. CHANT DE COMMUNION

Sens :
Exprimer par l'unité des voix l'union spirituelle des communiants. Manifester la joie des pauvres, rassasiés et sauvés. Rendre plus fraternelle la procession de ceux qui s'avancent pour recevoir le Corps qui les unit.

Pratique :
Pour ce chant de type " processionnel ", on utilise normalement, comme il a été dit pour le chant d'entrée : soit un tropaire, soit un psaume avec antienne, soit un cantique à refrain, soit une hymne. Cependant, il semble préférable de remplacer le chant de communion par un chant de la chorale, ou par une pièce instrumentale ou par un silence. Dans ce cas, on peut chanter un Cantique d'action de grâce ou une Hymne après la communion.


BENEDICTION ET ENVOI



Sens :
Le dernier repas de Jésus ne s'est pas clos sur lui-même : il a été suivi par le don total de Jésus sur la croix, sa résurrection, le don de l'Esprit, et, finalement, l'envoi en mission.

Pratique :
En prolongement du " Nous rendons grâce à Dieu ", il peut être bon parfois de reprendre une brève acclamation du jour (1ère fois : soliste - 2e fois : tous), comme un bouquet final.

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