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ChristianMusicians.be : Le chant de la fraction du pain

Liturgie

Le chant de la fraction du pain
signification du geste de la fraction du pain et du chant qui l'accompagne (liturgie catholique)


Que voulons-nous signifier rituellement ?

Le geste du partage du pain est un geste fondamental pour l’expression de la foi chrétienne, et plus particulièrement pour l’expression du Mystère Pascal. Ce geste manifeste la présence du Ressuscité au cœur même de l’assemblée chrétienne. Le pain rompu, c’est le corps même du Seigneur auquel nous sommes appelés à « communier », c'est-à-dire à nous unir pour ne faire qu’un seul Corps, l’Eglise du Christ Ressuscité. « Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu’il n’y a qu’un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain » (1 Co 10, 16-17)

Quelle richesse de sens contenue dans ce simple geste humain qui invite l’autre à partager le même repas ! Ce n’est pas étonnant que les premiers chrétiens désignaient la messe par cette expression de la fraction du pain.


Sous quelles formes pour inculturer ce rite ?

La forme rituelle est simple : il s’agit de prendre le pain et de le partager en autant de parts qu’il y a de participants à l’eucharistie. Mais hélas nous ne disposons pas d’un pain mais d’hosties prédécoupées dont une, celle réservée au président de l’assemblée, est plus grande que les autres ! La plupart du temps, le geste de la fraction consiste uniquement à rompre cette grande hostie en deux pour autant que le prêtre ne l’ai pas déjà rompue malencontreusement au moment de la « consécration ». Dans ce cas comment faire comprendre la richesse de ce geste rituel qui, bien souvent, passe inaperçu, occulté par les prolongements du geste de paix qui le précède ?

Si l’on veut que ce geste soit signifiant symboliquement de ce que nous avons évoqué ci-dessus, il faut lui donner la possibilité d’exister pleinement. On veillera donc à prendre plusieurs grandes hosties que le prêtre prendra le temps de partager en plusieurs morceaux qu’il répartira ensuite dans plusieurs coupelles, si nécessaire. On évidera aussi que ce moment du rite de la fraction du pain consiste à aller chercher au tabernacle la réserve eucharistique. Sinon, comment vivre symboliquement la communion au Corps du Christ, à ce pain unique qui a été consacré au cours de l’eucharistie à laquelle tous participent !

Sans ce geste rituel, pas de chant de la fraction, car quel sens celui-ci aurait-il en dehors de l’accompagnement du geste du partage du pain ? La présentation générale du Missel romain préconise d’ailleurs que le chant dure le temps nécessaire pour « accompagner la fraction du pain » (n° 56e). Le chant proposé par ce même missel est celui de l’Agneau de Dieu car le pain rompu évoque la mort du Christ en croix, salut pour tous les hommes : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. ».




On peut enrichir le sens de l’expression « Agneau de Dieu » en adjoignant des « tropes » au texte habituel. Citons par exemple : Agneau de l’alliance fidèle (A 240-1), Agneau de Dieu, Agneau vainqueur (A 221-1), Agneau de Dieu, pauvre de Dieu (D 543), Agneau de Dieu, vainqueur du mal (A 10-60),…

Mais ne pourrait-on risquer aussi un chant qui exprime le sens de ce partage du pain ? Par exemple, Pain que l’on partage (D 21-86), un peu de pain que l’on partage (D 200), Rude est le chemin (A 184),…



Ronny